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21/02/2015

Le déficit de bonne gouvernance de la ville de Casablanca au cœur du discours Royal

Le déficit de bonne gouvernance de la ville de Casablanca au cœur du discours Royal


Moroccan King Mohamed VI arrives at parliament in Rabat

Le discours royal du vendredi 11 octobre 2013, à l’occasion de l’ouverture de la session d’automne du Parlement, a été en grande partie dédié à la ville de Casablanca. Le souverain a fait état des nombreuses carences dont souffre la ville et a appelé les responsables locaux (élus et fonctionnaires) à être à la hauteur de leur responsabilité.
L’interrogation du Souverain a été sans concession : « Mais pourquoi cette ville, qui compte parmi les plus riches du Maroc, ne connaît-elle pas concrètement l’essor auquel aspirent les casablancaises et les casablancais, à l’instar de beaucoup d’autres villes ? Est-il raisonnable qu’elle reste à ce point un espace des grandes contradictions, jusqu’à devenir l’un des modèles les plus faibles en matière de gestion territoriale ? (…) Casablanca est la ville des disparités sociales les plus criantes, où se côtoient les catégories riches et les classes pauvres… sans parler des déchets et des ordures qui en ternissent la blancheur et entachent la réputation ».
Le Roi a dénoncé un développement anarchique de la ville, les inégalités sociales, l’insécurité et la détérioration de la qualité de la vie soulevant les problématiques de propreté, d’éclairage publique, d’habitat anarchique et d’assainissement. Le taux d’épuration de Casablanca atteint seulement 45% alors qu’il est proche de 100% à Rabat, Fès et Marrakech par exemples.
Une fois l’état des lieux énoncé, le Souverain a conclu à la nécessité de revoir le mode de gouvernance de la ville. Le problème de Casablanca « tient essentiellement à un déficit de gouvernance » qui pâtit « d’une gestion défectueuse de la part des instances élues », résultat en partie du « cumul des responsabilités ». Le Roi a appelé à « l’émergence de compétences et d’élites régionales nouvelles » capables de « lancer et de mettre en œuvre les chantiers et les projets de développement » et d’être à l’écoute des préoccupations des citoyens.
Ce discours sans détours du Roi est le résultat de plusieurs années de déficit de bonne gouvernance. La ville, dont la population est passée de 650 000 habitants en 1950 à plus de 4 millions aujourd’hui, est le cœur social et économique du pays. Pourtant, la gestion de la ville souffre de plusieurs anomalies.
La ville souffre de son mode de gouvernance et du manque de coordination entre les nombreuses parties prenantes (région, ville, communes, agence urbaine, délégations ministérielles…).
Le maire est élu par les membres du Conseil de la ville au nombre de 131. Il doit composer avec une large coalition et une opposition très active. Mohamed Sajid (parti de l’Union Constitutionnelle), élu en 2003 à la tête de la ville puis réélu en 2009, fait face régulièrement à une paralysie des organes de gestion de la ville. En 2011, il aura fallu l’intervention du Wali et la signature d’une charte d’entente entre les élus pour que les commissions examinant les projets de la ville reprennent leur travail après plusieurs mois d’arrêt. Le budget de la ville n’a quant à lui pas été validé par les Conseillers depuis deux ans.
La ville souffre également d’un développement urbain anarchique en l’absence de réelle planification stratégique. Les plans du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) se font régulièrement attendre laissant cours à une gestion par dérogations fortement dénoncée pour son manque de transparence. La gestion des déchets, déléguée au secteur privé depuis 2004, s’est améliorée dans quelques quartiers de la ville mais reste globalement défaillante et bien en-deçà des attentes des citoyens. Un appel d’offres avec un nouveau cahier des charges est annoncé pour 2014, date d’expiration des contrats actuels.
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