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26/10/2010

Projet de loi de Finances Le détail du paquet fiscal

· PEA, épargne éducation, PEL,… tout un dispositif d’encouragement

· Un IS de 15% pour les petites entreprises

Le gouvernement a consacré exceptionnellement deux conseils mardi 12 et mercredi 13 octobre, à l’examen du projet de loi de Finances 2011. Sur le plan fiscal, le contenu est plutôt riche. Il est institué un Plan d’épargne action (PEA), un Plan d’épargne logement (PEL), un régime d’incitation à l’épargne éducation, un taux d’IS de 15% pour les petites entreprises. L’exonération sur les contrats Anapec est par ailleurs prorogée. Le texte apporte aussi une clarification sur l’application des conventions d’investissement. Détails.

· Exonération pour le «Casablanca Finance City» 
Les sociétés exportatrices de services ayant le statut «Casablanca Finance City» auront droit à un régime fiscal de faveur. Le gouvernement a prévu une exonération totale de l’IS durant les cinq premiers exercices et un taux réduit de 8,75%. Et ce au titre de leur chiffre d’affaires à l’export et des plus-values mobilières de source étrangère.Les sièges régionaux ou internationaux agréés se verront appliquer un taux réduit de 10% sur une base imposable dont le montant ne peut être inférieur à 5% des charges de fonctionnement.

Les personnes non résidentes et appelées, pour une durée déterminée, à occuper un emploi pour le compte d’une société ayant le statut «Casablanca Finance City», bénéficieront de l’exonération de l’IR sur les frais de transport accordés, lors du congé annuel, ainsi qu’à leurs conjoints. S’y ajoute l’application d’un taux libératoire de 20% aux rémunérations versées par leurs employeurs. Le salarié marocain résidant à l’étranger est également concerné par cette dernière disposition.

· L’IS à 15% pour les petites entreprises
 Le projet de loi de Finances 2011 propose un régime fiscal de faveur pour les petites entreprises. Il institue un taux réduit de l’IS de 15% aux entreprises passibles qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions de dirhams hors TVA.

· Informel: Une éponge sur le passé
Pour permettre aux contribuables exerçant dans l’informel de s’intégrer au tissu économique, quatre mesures sont envisagées. La première consiste à imposer les revenus acquis et les opérations effectuées à compter de la date d’identification du contribuable. La deuxième accorde à partir de la date d’identification du contribuable les avantages prévus par le Code général des impôts notamment l’exonération de l’impôt sur le revenu liée au zoning et à l’exportation. La troisième porte sur l’évaluation des stocks de manière à dégager des marges brutes supérieures ou égales à 20%. La quatrième mesure propose de simplifier le paiement de la TVA. Celle-ci sera effectuée sur la marge brute réalisée sur la vente du stock. Cette mesure est proposée pour une période de deux ans seulement. Elle s’éteindra le 31 décembre 2012.

· PEA: Exonéré à hauteur de 600.000 DH
Le projet de loi de Finances propose d’exonérer totalement les revenus et profits de capitaux mobiliers réalisés dans le cadre du PEA. Pour cela, il pose deux conditions: les versements et les produits capitalisés y afférents doivent intégralement être conservés pendant 5 ans au moins à compter de la date de l’ouverture du PEA. Cette disposition permettra d’éviter l’imposition de ces revenus et profits au taux de 10% pour les dividendes ou 15% pour les titres cotés. Deuxième condition, le montant des versements effectués dans le PEA est plafonné à 600.000 dirhams.

Les titres éligibles au plan d’épargne en actions sont les actions et les certificats d’investissements cotés sur la Bourse des valeurs du Maroc et émis par des sociétés de droit marocain. Sont également éligibles au PEA, les droits d’attribution et de souscription afférents auxdites actions ainsi que les titres d’OPCVM «actions».

· Epargne logement: A conserver pendant au moins 3 ans
Pour promouvoir l’accès à la propriété, il est proposé d’exonérer le montant des intérêts d’épargne logement mais à condition que les sommes investies soient destinées à l’acquisition ou la construction d’un logement à titre d’habitation principale.De plus, le montant des versements et des intérêts doivent être intégralement conservés dans le plan pour une durée au moins égale à 3 ans à compter de la date de l’ouverture du plan et ce, au lieu de l’imposition des intérêts aux taux de 20 ou 30%. Le montant des versements effectués exonérés est plafonné à 300.000 dirhams.

· Epargne éducation: Exonéré à hauteur de 300.000 DH
Voilà une mesure qui devrait faire plaisir aux parents, l’exonération du montant des intérêts générés par un Plan d’épargne éducation. Les sommes investies doivent être destinées au financement des études supérieures des enfants à charge et le montant des versements ne doit pas dépasser 300.000 dirhams. Autre condition, le montant des versements et les intérêts y afférents doivent être intégralement conservés dans le plan en question pour une période au moins égale à 5 ans à compter de la date de l’ouverture du PEA.

· Un taux de 15% pour les revenus de capitaux mobiliers de source étrangère
Pour encourager les étrangers à s’installer au Maroc et aussi pour s’aligner sur les pratiques internationales en matière d’imposition des revenus de capitaux mobiliers de source étrangère, il est prévu de réduire le taux applicable à ces revenus de 30 à 15% libératoire.

· TPE: neutralité fiscale en cas de transformation
Renforcer la neutralité fiscale pour encourager davantage les opérations d’apport du patrimoine professionnel d’une ou de plusieurs personnes physiques à une société passible de l’IS. Pour cela, le projet de budget 2011 prévoit la réintégration, dans les bénéfices imposables de la société bénéficiaire de l’apport, de la plus-value nette réalisée sur l’apport des éléments amortissables, par fractions égales, sur la période d’amortissement de ces éléments. La valeur d’apport des éléments concernés par cette réintégration est prise en considération pour le calcul des amortissements et des plus-values ultérieures. L’on propose aussi la non-imposition des plus-values constatées ou réalisées sur l’apport des éléments non amortissables sauf en cas de leur retrait ou de leur cession ultérieure.Ce dispositif sera prorogé jusqu’à fin décembre 2012.

· Contrats Anapec: L’exonération prorogée
L’exonération fiscale de l’indemnité de stage sera prorogée jusqu’au 31 décembre 2012. Une disposition qui encourage l’insertion des jeunes diplômés dans le marché du travail. Plafonnée à 6.000 dirhams bruts par mois, cette indemnité est versée au stagiaire lauréat de l’enseignement supérieur ou de la formation professionnelle recruté par les entreprises du secteur privé.

· Une incitation au capital risque
Pour encourager le financement des PME et renforcer leur assise financière via l’activité du capital risque, le projet de loi de Finances 2011 propose la suppression des conditions d’exonération des organismes de placement en capital risque. Ces conditions prévoient que ces organismes doivent détenir dans leur portefeuille au moins 50% d’actions de PME.

· Exonération de l’IS pour les syndics touristiques
Les sociétés de gestion des résidences immobilières de promotion touristique seront assimilées aux établissements hôteliers. Elles se verront donc octroyer les mêmes avantages pour la partie de la base imposable correspondant à leur chiffre d’affaires réalisé en devise rapatriées par elles ou pour leur compte par l’intermédiaire d’agences de voyages. Il s’agit en l’occurrence de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 5 ans consécutifs qui court à compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement a été réalisée en devise. Une imposition au taux réduit de 17,5% sera appliquée au-delà de cette période.


Conventions d’investissement: Le vrai début d’activité

Pour améliorer le dispositif de l’exonération de la TVA sur les biens d’investissement acquis par les entreprises pendant 24 mois à compter du début de l’activité et pour une durée de 36 mois dans le cadre des conventions d’investissement de 200 millions de dirhams, le projet affine la définition de la notion de début d’activité. Ainsi la date à prendre en considération pour décompter la période d’éligibilité à l’exonération est celle du premier acte commercial qui coïncide avec la première opération d’acquisition de biens et services. Et ce, à l’exclusion des frais de constitution des entreprises et des premiers frais nécessaires à l’installation de ces entreprises dans la limite d’un délai supplémentaire de 2 mois.Pour les entreprises qui construisent leurs projets d’investissement, la date à prendre en considération est celle de délivrance de l’autorisation de construire.Pour l’exonération à l’intérieur, les biens d’investissement sont exemptés durant toute la durée d’acquisition ou de construction mais à condition que les demandes d’achats en exonération de la TVA soient déposées au service local des impôts dont dépend le contribuable dans le délai de 24 mois. Pour l’importation, l’exonération de 24 mois ou de 36 mois dans le cas des projets d’investissements de 200 millions de DH sera prorogée de 6 mois en cas de force majeure, renouvelable une seule fois.

22/10/2009

Maroc: quelques orientations et grandes lignes de Loi de finances en 2010

Rabat, 21/10/09- Le ministre de l'Economie et des Finances, M. Salaheddine Mezouar, a présenté, mercredi devant la Chambre des représentants, les grandes lignes du projet de loi de finances 2010, qui table sur un taux de croissance de 3,5 pc, un taux d'inflation de 2 pc et un déficit budgétaire de 4 pc.
Elaboré sur la base d'un baril de pétrole à 75 dollars, ce projet de loi repose sur trois fondamentaux essentiels, à savoir la promotion de la croissance économique, l'accélération du rythme des réformes et de la mise en œuvre des politiques sectorielles et le renforcement de la cohésion sociale, a précisé le ministre lors d'une séance plénière en présence du Premier ministre, M. Abbas El Fassi et de plusieurs membres du gouvernement.
Le ministre a indiqué que ce projet de loi a été élaboré dans un contexte international difficile, marqué par la hausse des prix des matières premières et la crise financière, qui a secoué le système financier international et projeté l'économie mondiale dans un processus de récession.
L'économie internationale devrait enregistrer en 2009 un recul de 1,1 pc. La zone Euro, principale partenaire économique du Maroc, accuserait, pour sa part, une régression de l'économie de l'ordre de 4,2 pc après une croissance de 0,3 pc en 2008, a-t-il expliqué, ajoutant que le commerce mondial des biens et services reculerait de 12 pc cette année contre une hausse de 3 pc l'année dernière.
Malgré cette conjoncture internationale difficile, l'économie marocaine devrait réaliser un taux de croissance de 5,3 pc en 2009, contre 3 pc pour les pays méditerranéens voisins, a relevé le ministre.
23.800 postes d'emploi à créer en 2010
Par ailleurs, M. Mezouar a indiqué que le gouvernement s'engage à poursuivre ses efforts visant à préserver le pouvoir d'achat des citoyens à travers la Caisse de compensation, à laquelle le budget 2010 a réservé une enveloppe de 14 milliards de dirhams (MMDH).
Parallèlement à cet effort financier, le gouvernement a entamé l'élaboration d'une vision relative à la réforme du système de la compensation pour un meilleur ciblage des catégories nécessiteuses, a-t-il précisé, ajoutant que les mesures relatives à la réforme fiscale et l'augmentation des salaires, au titre des années 2009 et 2010, devraient coûter à l'Etat quelque 16 MMDH, dont 9,6 MMDH au titre des allégements fiscaux.
Il ressort des chiffres présentés par M. Mezouar que le projet de loi de finances 2010 prévoit la création de 23.800 postes d'emploi pour accompagner essentiellement les besoins des secteurs sociaux et de la justice, des recettes de l'ordre de 169 MMDH et des dépenses d'investissement public de 163 MMDH, dont 53,8 MMDH au titre du budget de l'Etat, soit une hausse de 20 pc par rapport à 2009.
Pour leur part, les dépenses de fonctionnement devraient se stabiliser à leur niveau de 2009 à l'exception des salaires, qui devraient augmenter de 5,3 pc, a-t-il noté, ajoutant que le gouvernement propose, dans le cadre de la promotion et la préservation du pouvoir d'achat des Marocains, l'application de la 2-ème phase de la réforme de l'impôt sur le revenu (IR).
Ces mesures, a-t-il précisé, portent notamment sur l'augmentation de la tranche du revenu exonérée à 30.000 dirhams au lieu de 28.000 dirhams actuellement et la baisse du taux maximum de l'IR de 40 pc à 38 pc.
 Par ailleurs, le gouvernement continuera à renforcer l'investissement public dans le but de poursuivre les efforts visant l'équipement du pays et la mise à niveau de ses infrastructures notamment productives, a indiqué M. Mezouar, qui a cité, dans ce cadre, les grands chantiers structurants qui se poursuivent sous la supervision de SM le Roi Mohammed VI, dans les secteurs des routes et autoroutes, des barrages, eau et assainissement, de l'énergie, des ports, des chemins de fer et du transport aérien.
Renforcement de la compétitivité et de l'attractivité du Maroc
Une attention particulière sera accordée également au renforcement de la compétitivité du Maroc et l'amélioration de son attractivité des investissements privés nationaux et internationaux. Trois mécanismes seront adoptés à cet effet. Il s'agit de la création d'espaces équipés de la nouvelle génération (industrie, télé-services, agriculture, logistique, énergies renouvelables àetc), de la création de caisses de soutien et de garantie des investissements (2,6 MMDH) et du renforcement de la formation à travers la création de 10 instituts spécialisés (400 MDH), a souligné M. Mezouar.
Le ministre, qui a mis l'accent également sur les mesures visant la résorption du déficit commercial, a indiqué également qu'il sera procédé en 2010 à la poursuite de la mise en œuvre de la réforme tarifaire à travers la baisse des droits d'importation sur les intrants, qui devraient passer de 10 pc à 7,5 pc puis à 5 pc et de 20 pc à 17,5 pc et à la consolidation du rôle du Fonds Hassan II pour le développement économique et social (3,5 MMDH par an).
Accélération du rythme des réformes
Le projet de loi de finances 2010 vise l'accélération du rythme des réformes et de la mise en œuvre des politiques sectorielles dans le but de moderniser les structures de production, diversifier les sources de développement et renforcer l'offre exportatrice du Royaume, a relevé M. Mezouar, qui a cité notamment dans ce cadre les secteurs de l'agriculture (5,2 MMDH contre 1,6 MMDH en 2008), de l'eau et de l'environnement (3,7 MMDH en 2010 contre 2,9 MMDH en 2009), des pêches maritimes (573 MDH en 2010), du tourisme (825 MDH) et de la Justice (3,2 MMDH en 2010 contre 2,3 MMDH).
Ce projet, qui vient confirmer l'orientation sociale du gouvernement, accorde une attention particulière à la mise à niveau des ressources humaines à travers notamment la poursuite de la mise en œuvre du programme d'urgence de l'enseignement et de la formation, a souligné M. Mezouar, ajoutant que l'enveloppe accordée au secteur de l'éducation nationale en 2010 devrait atteindre 51 MMDH en hausse de 33 pc par rapport à 2008.
La même tendance à la hausse est enregistrée au niveau des budgets alloués aux secteurs de la santé (+37 pc à 11,1 MMDH), de la Jeunesse et des Sports (+46 pc à 1,5 MMDH), de la Culture (+48 pc à 540 MDH) et de l'Habitat (2 MMDH en plus de 9 MMDH du groupe Al Omrane), a-t-il noté.
Le gouvernement accordera en 2010 quelque 1,4 MMDH à l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et 20 MMDH à la mise à niveau du monde rural et des zones montagneuses (+15 pc), a indiqué M. Mezouar, qui a qualifié de "volontariste et réaliste" le projet de loi de finances 2010.  source: map 
Le taux de l'IR (impôt sur le revenue) connu par IGR ne bénéficiera qu'à ceux qui touchent plus de 150.000 DH/ans. C'est à dire aux grands salaires. En 2009 le taux de 38% s'applique à la tranche 60.000 - 150.000 . En 2010 38% s'applique à la tranche: 60.000 et plus. Ce sont donc ceux qui touchent un salaire mensuel de 150000/12 = 12500 DH/mois qui vont bénéficier de cette réduction de l'impôt sur le revenu. Plus le salaire mensuel est supérieur à 12500 dh par mois plus on bénéficie de cette réduction d'impôt. Ainsi cette réduction d'impôt est comme si il n'a pas lieu pour la classe moyenne qui s'appauvrie de jour en jour vue l'augmentation des prix. (le prix d'un kilo de tomate était entre 1.50 dh et 2.50 dh, il n'atteint 5dh le kilo que rarement: pendant le Ramadan par exemple, idem pour d'autres légumes et fruits. Pour les oranges:  les prix se sont multipliés ces dernières années par 5 de 1.50 à 2dh/kilo jusqu'à 7 à 10dh/kilo)