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04/06/2010

Union sacrée contre Al-Qaïda



Les chefs de la diplomatie de sept pays de la bande sahélienne se sont réunis dans la capitale algérienne pour coordonner leurs efforts face à la menace djihadiste.

Alger, hôtel Sheraton, le 16 mars 2010. Une réunion de concertation sur la lutte antiterroristeentre les chefs de la diplomatie de sept pays sahéliens (Algérie, Burkina, Libye, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) doit débuter à 9 heures. Les diplomates algériens chargés de l’organisation ont du mal à cacher leur appréhension tant le contexte est tendu. Alger et Nouakchott sont en froid avec Bamako depuis la décision du gouvernement malien d’élargir quatre membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour obtenir la libération de l’otage français Pierre Camatte. Rabat dénonce son exclusion de la conférence, ce à quoi Abdelkader Messahel, ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines, réplique, tout en ironie : « J’ai consulté des manuels de géographie et je n’ai trouvé aucune indication laissant entendre que le Maroc avait une frontière avec le Sahel. » La junte de Niamey participe à sa première réunion de haut niveau depuis le coup d’État du 18 février. Un putsch qui a valu au Niger sa suspension des instances de l’Union africaine (UA).

Madrid et Rome, dont des ressortissants sont retenus en otages par Aqmi, sont très attentifs aux décisions prises, et si le Quai d’Orsay et le département d’État ont exprimé leur soutien à l’initiative d’Alger, Paris et Washington s’interrogent sur les contours de la nouvelle stratégie régionale de lutte antiterroriste, sur la place accordée au partenariat avec les Occidentaux et sur le statut de leader régional de l’Algérie, un interlocuteur « pas facile ». C’est donc dans un climat assez lourd que s’ouvre la conférence avec plus d’une heure de retard. Arrivé le matin même, Moussa Koussa, chef de la diplomatie libyenne, est reçu par le président Abdelaziz Bouteflika. Ce n’est pas le cas de son homologue mauritanienne, Naha Mint Hamdi Ould Mouknass. Présente à Alger depuis quarante-huit heures, elle n’a pas eu ce privilège.

Dispositif militaire transfrontalier

À l’ouverture des travaux, Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, précise qu’il s’agit de procéder à « une évaluation exhaustive de la situation dans la région, marquée par la persistance de la menace terroriste et ses connexions avec le banditisme transfrontalier, le trafic d’armes, de drogue et d’êtres humains ». Il appelle à une lutte sans concession et à une « loyauté sans faille » pour définir « une approche commune, en mettant en œuvre des mécanismes de coopération bilatérale et régionale dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité ».

À l’issue de la rencontre, le climat était nettement plus détendu. L’absence du ministre burkinabè, remplacé à la dernière minute par un collaborateur, est oubliée. Le ministre nigérien se félicite de l’accueil qui lui a été réservé et de l’oreille attentive que ses interlocuteurs lui ont prêtée. Quant à Moctar Ouane, chef de la diplomatie malienne, il est tout sourire. Il a été rassuré par les propos de ses hôtes algériens. « Les relations algéro-maliennes sont trop anciennes pour être fragiles », lui a répété le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, qui a offert un dîner aux chefs des délégations. Le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Bamako ? « Une affaire de quelques jours », confie un diplomate algérien. Abdelkader Messahel, cheville ouvrière de la rencontre, est aux anges : le consensus est total, et la mise en œuvre de la stratégie régionale de lutte antiterroriste mise en branle.

En attendant la création d’un mécanisme spécifique, dont la naissance officielle est attendue lors du prochain sommet de chefs d’État à Bamako, annoncé en septembre 2007 et sans cesse reporté, les sept pays ont décidé de réunir à Alger les ministres de l’Intérieur. Cette rencontre, fixée à la première semaine d’avril, sera suivie, quelques jours plus tard, d’une réunion de concertation, toujours dans la capitale algérienne, entre les chefs d’état-major pour la mise en place d’un dispositif militaire transfrontalier. L’interdépendance entre la paix et le développement, ainsi que l’implication des populations locales dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme ont été relevées par les participants. L’Algérie et la Libye, pays les plus riches de la région, se sont engagées à s’impliquer davantage dans le financement d’opérations de développement. En matière de projets structurants, le ministre algérien a rappelé que la route trans saharienne (Alger-Lagos) est quasiment achevée : « Sur les 4 600 kilomètres, il n’en reste que 200 à réaliser au Niger, pour un coût de 185 millions de dollars. Une réunion de bailleurs de fonds est prévue en avril, à Niamey, pour boucler le montage financier. »

Rendez-vous à Bamako

Malgré le succès de la conférence de concertation, les Algériens ont eu le triomphe modeste. Pas question de fanfaronner sur le statut de « leader régional » au détriment de la « Jamahiriya sœur », généralement peu partageuse en matière d’influence, en particulier au sein de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad), que dirige, depuis sa création, en 1998, le Libyen Madani al-Azhari. De même s’agit-il pour Alger de rassurer les « partenaires militaires » américains et français. Si les ministres de la région ont insisté sur « la primauté du principe de la responsabilité des États de la région et leur appropriation de la prise en charge des problèmes et défis » qui se posent au Sahel, il n’est pas question de tourner le dos au partenariat et à l’assistance technique des grandes puissances. « Oui, mais dans un cadre défini, insiste Messahel, sous le triptyque : formation, équipement et renseignement. » D’ailleurs, au moment où se tenait la conférence, des navires de guerre des marines algérienne et française étaient engagés dans des manœuvres communes au large de la baie d’Alger. Des exercices que l’on pouvait voir depuis la plage de l’hôtel Sheraton, au Club des Pins. Autre signe de la volonté algérienne de ménager ses partenaires : le soutien total à l’initiative du président malien Amadou Toumani Touré de réunir chez lui les sept chefs d’État. D’emblée, Mourad Medelci a placé la réunion d’Alger dans le cadre de la préparation du sommet de Bamako. « Cette rencontre, précise-t-il, est une seconde étape après celle qui nous a réunis, en novembre 2008, pour préparer la conférence de Bamako. »

Mais si les Algériens se sont voulus rassurants, ils sont demeurés intransigeants sur la criminalisation des versements de rançons aux preneurs d’otages, « l’une des voies de financement du terrorisme », selon Messahel. Ils ont obtenu des ministres présents que le communiqué final insiste sur la résolution de l’Union africaine et celle du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant sans équivoque cette pratique. Et, pour Alger, satisfaire une revendication en échangeant un terroriste contre un otage équivaut au paiement d’une rançon. Et si, au nom de l’élaboration d’une stratégie commune, les Algériens sont disposés à pardonner « le forfait » de Bamako, ils ne sont pas près d’accepter qu’il se reproduise. source: jeuneafrique

Commentaire: toute guerre contre Aqmi sera voué à l'échec sans la participation du Maroc.

11/01/2010

Le Sahel prochaine base d’El-Qaida ?

La campagne américaine contre le terrorisme "a ouvert un front dans une région (Sahel) que les responsables militaires craignent de voir devenir la prochaine base d’El-Qaida", a rapporté le quotidien américain "New York Times". vendredi 14 mai 2004.
Dans un long article paru a sa une, le journal a apporté plus de détails sur le programme américain "pan Sahel initiative" de coopération avec les pays de la région du Sahel et du Maghreb dans le cadre de la lutte anti-terroriste et, particulièrement, contre le GSPC.

Faisant référence à la réunion qui avait regroupé récemment à Stuttgart (Allemagne) les plus hauts responsables militaires maghrébins et Sahéliens et leurs homologues américains du commandement européen des forces armées américaines (Uscom), l’article reflète le sentiment des militaires américains qui considèrent que cette région est devenue "un nouvel Afghanistan, ou des groupes armes islamistes bien finances recrutent, s’entraînent et s’arment".

Reprenant les propos de responsables us, le journal américain affirme que les attentats du 11 mars dernier à Madrid "semblent avoir un lien nord-africain" et "présagent d’autres attaques en Europe". Cependant, relève le quotidien new-yorkais, "les responsables militaires américains, ayant tire les enseignements des erreurs commises en Afghanistan et en Irak, ont décidé d’adopter une nouvelle approche" pour faire face à cette nouvelle menace. Ainsi, les Etats-Unis avaient décidé de lancer un programme régional "pan Sahel initiative" de coopération militaire avec six pays de la région dont l’Algérie, impliquant beaucoup plus les forces militaires de ces pays que celles des Etats-Unis. Les responsables américains ont préféré fournir une aide financière de l’ordre de 125 millions de dollars (étalés sur 5 ans) à ces pays, leur fournir le matériel nécessaire pour sécuriser des frontières poreuses et difficiles à contrôler, et former des unités de forces spéciales locales.

Selon le New York Times, les Etats-Unis ont dernièrement fait intervenir un avion de reconnaissance de la marine américaine (Orion p3), qui assurait auparavant la surveillance des sous-marins de l’ex-Union soviétique, pour détecter des positions du GSPC et alerter les forces de la région.

Ainsi, le groupe terroriste avait été chasse par les maliens en direction du Niger, d’où il a été poursuivi jusqu’au Tchad "ou, grâce à un appui logistique fourni par les Américains, les Tchadiens ont tué ou capturé 43 membres du groupe", ajoute le quotidien. Il y a quelques mois de cela, selon le "New-York Times" , Abderrezak "El-Para" s’était lancé dans une vaste opération d’acquisition de nouveaux armements, grâce à la rançon de près de 6 millions de dollars que lui aurait fournie les allemands en échange de la libération de 32 touristes européens.

Le journal ajoute que "les services de renseignement américains et algériens suivaient les mouvements du groupe en alerte" et, en février, "les forces algériennes ont intercepte un convoi transportant des armes en provenance du Mali et comprenant, entre autres, des mortiers, des RPG et des missiles sol-air".

Selon le quotidien américain, le général américain Charles Wald, qui est le responsable adjoint de l’USCOM en Europe, a déclaré que "les groupes armes sont équipés de matériel GPS de positionnement par satellite. Ce qui leur permet, ajoute-t-il, "d’enterrer des armes quelque part dans les sables du désert et de savoir, après, où se trouvent exactement ces armes".

Par ailleurs, indique le journal, le commandement européen des forces américaines a qualifié d’"historique" la tenue de prochaines manœuvres conjointes des forces spéciales maghrébines, sahéliennes et américaines
source: APS