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05/08/2010

Maroc: code de la route

Au maroc les causes des accidents sont principalement les infrastructures: très mauvaises signalisation, mauvaise gestion des chaussées par les communes, nids de poule, regards non couverts, panneaux de signalisations orientés dans le mauvais sens, feux de signalisation cachés par les arbres, ... et la liste est assez longue.


Code de la route
Ghellab tente de déminer le terrain
· Le ministre multiplie des réunions de coordination
· Les lobbys redonnent de la voix
· La Fédération du transport prêche le réalisme au gouvernement

Dans moins de deux mois (le 1er octobre), le nouveau Code de la circulation entrera en application. Sauf miracle, cette réforme à laquelle se sont opposés avec virulence des lobbys (chauffeurs de taxis, petits transporteurs exerçant dans l’informel, etc.) ne suffira pas pour infléchir la courbe des accidents. Selon les statistiques des services de sécurité, 22 personnes ont trouvé la mort sur la route dans la semaine du 19 au 25 juillet. L’une des explications récurrentes de l’hécatombe sur les routes tient au peu de considération accordée au code de la route. 
Le texte qui entrera en vigueur début octobre durcit les sanctions, mais introduit surtout un paquet de réformes simultanément: le permis de conduire à points, l’obligation d’avoir une carte professionnelle pour les conducteurs de camions, des cars et des taxis, la visite technique, etc. La proximité de son entrée en application est une période à haut risque.
Pour contenir les lobbys qui ont déjà démontré par le passé leur capacité de nuisance, le ministre de l’Equipement et du Transport mobilise les instances concernées par la mise en œuvre du code de la route. La dernière réunion s’est tenue jeudi dernier et la prochaine est prévue en septembre pour une dernière revue des préparatifs. 
A la Fédération du transport-CGEM, le président conseille de la prudence au gouvernement. «C’est se mentir que de croire que toutes les dispositions du code seront appliquées dès le 1er octobre. La meilleure façon serait d’y aller par palier, suggère Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport-CGEM. En gros, différer l’application des points où subsistent de grosses divergences «pour approfondir la discussion» notamment le contrôle et le volet social. «Il faut repen-ser le contrôle, tout le monde appréhende l’application du code», ajoute-t-il. Le code de la route n’est pas un texte sacré, il pourra être amendé au fur et à mesure que des dysfonctionnements sont relevés, fait-on remarquer à la Fédération du transport. 
Deux commissions ont été mises en place, celle qui a travaillé sur les dispositions du code et qui a abouti aux résultats attendus et l’autre commission présidée par le ministre de l’Emploi qui devait travailler sur le volet social, mais dont les travaux ne sont pas avancés. « Je propose que tout le volet contrôle soit coordonné et harmonisé par le ministère du Transport. La formation doit aussi être dispensée par le même ministère», ajoute Hifdi.
Au cabinet du ministère de l’Equipement et du Transport, l’on a une toute autre analyse : «les requêtes des transporteurs ont été prises en compte. Il reste à présent à recenser les chauffeurs et à préparer leur dossier pour ce qui concerne le volet social». Le comité de coordination réuni jeudi dernier a constaté l’avancement à 96% de l’élaboration de dispositifs d’application de la loi (29 procédures transverses et 39 procédures particulières) et à plus de 80% de production des textes d’application (11 décrets et 30 arrêtés). Ces textes traitent de plusieurs questions sensibles: carte professionnelle, formation, durées de conduite et de repos obligatoires pour les conducteurs de transport publics de personnes et de marchandises, etc. Un système de gestion des infractions et des solutions définies pour l’adaptation des systèmes d’information des administrations est actuellement en cours de mise en place et qui va permettre de gérer le cycle de vie des infractions. 
En cours aussi, un programme de mise à niveau de l’infrastructure routière pour 168 millions de dirhams pour la signalisation. Ce dernier vise à définir un standard permettant d’uniformiser les interventions de mise à niveau du réseau routier. 
Les «syndicats» de transport (il y en a tellement que l’on ne sait pas qui représente qui) ont déjà prévenu: le gouvernement doit honorer ses engagements sur plusieurs points capitaux à leurs yeux. Pêle-mêle, ils citent la pose des flasheurs automatiques, la mise en place d’une meilleure signalisation, la création d’une carte professionnelle, la couverture sociale (déclaration à la sécurité sociale), le lancement d’une campagne de sensibilisation,… La seule avancée qu’ils reconnaissent concerne l’amélioration des infrastructures routières.

J. K.

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